Rencontre littéraire avec Philippe Blasband (La nuit est encore longue, Editions Les Impressions nouvelles) et Geneviève Damas (Trace, Editions Grasset) autour de leurs deux derniers romans.

Philippe Blasband est né en 1964 à Téhéran. Il a écrit quelques romans, parmi lesquels L’Effet-cathédrale, De cendres et de fumées (Gallimard, prix Rossel), Le Livre des Rabinovitch (Le Castor Astral), des pièces de théâtre et de nombreux scénarios dont Une liaison pornographique, Le Tango des Rashevski et Les Émotifs anonymes. Aux Impressions Nouvelles, il a publié Scénariste ! en 2024.

Après une licence en Droit, Geneviève Damas suit une formation de comédienne à l’IAD, puis se tourne vers différents métiers du théâtre. Elle est comédienne, metteur en scène et auteur dramatique. En 1998, elle fonde la compagnie Albertine. Comme autrice, elle a écrit une quinzaine de pièces de théâtre dont plusieurs sont éditées aux Éditions Lansman, un recueil de nouvelles et plusieurs romans. Elle a remporté de nombreux prix, notamment le Prix Victor Rossel 2011 pour son roman Si tu passes la rivière (éditions Luce Wilquin). Trois de ses romans (PatriciaBluebird et Jacky) sont publiés chez Gallimard ; tandis que Strange, est sorti en septembre 2023 aux éditions Grasset.
 
Ces deux auteurs, fidèles au Théâtre le Public, racontent, l’un et l’autre, l’humain, ses fêlures et tout ce qui fait la vie.

Un entretien mené par Anouk Taché du blog Les mots d’Anouk.

Entrée gratuite. Nombre de places limité.
Réservation obligatoire.

La nuit est encore longue 
Ce roman est fait de listes. Ce roman se déroule en Belgique et évoque l’Iran. Ce roman raconte l’histoire des sœurs et frères Manoutcheri, arrivés à Bruxelles un peu avant la révolution islamique de 1979, et qui, à leur grand étonnement, n’ont jamais pu retourner dans leur pays de naissance. Ce roman parle d’une tragédie omise des livres d’Histoire et des médias, une tragédie à peine perceptible et qui a même échappé aux gens qui en étaient eux-mêmes les victimes. Ce roman est fait d’histoires sans débuts et sans fins, de noms et de prénoms iraniens, de joies et de tristesses, de deuils et de fêtes, mais surtout, il est fait de listes, et de listes de listes, et de listes de listes de listes, pour tenter de ranger les souvenirs et les faits, sans jamais vraiment y parvenir.

Trace 
Mince, pâle et tendue, Farkass court pour dealer.
Cette adolescente solitaire trouve dans le trafic de drogue une source d’argent facile. Pour subvenir aux besoins de sa mère, avec qui elle vit dans une cité délaissée, elle vend de la cocaïne après les cours. Au lycée, elle est repérée par son professeur de sport pour ses qualités d’endurance. Rejoignant son club d’athlétisme, elle découvre un exutoire, bientôt une passion : la course. Sur la piste, elle découvre des sensations nouvelles ; elle ne pense à plus rien d’autre qu’à son corps, à cette tension enivrante, et elle excelle.
Cette nouvelle occupation devient vite incompatible avec les nouvelles tâches qui lui sont confiées par son supérieur. Trahisons, règlements de compte et tueries se multiplient. Que choisira Farkass à choisir : la course, ou le trafic ?
D’une addiction à l’autre, un roman étonnant, dans la double ligne du célèbre La solitude du coureur de fond d’Alan Sillitoe et du Mean Streets de Scorsese.